En cette période trouble, de confinement et de quarantaine intellectuelle, j’ai souhaité me rassurer en regardant un vrai bon film. J’ai tendance à choisir mes films en fonction du casting. C’est très con. Putain, c’est vraiment con. C’est comme choisir une voiture en fonction de sa couleur. Bref, j’ai pensé à Elisabeth Moss. En général je pense plutôt à Scarlett Johansson ou Kristen Stewart quand j’ai envie de me faire du bien, cinématographiquement parlant. Mais au contraire, cet après-midi, j’avais un sacré besoin de débander. De ne plus penser à la femme qui m’attend et que le gouvernement m’empêche de retrouver.

Avec Elisabeth Moss, pari tenu ! Vous savez la personne qu’on enfermait dans les toilettes à la cour de récré ? C’est tout à fait son profil, c’est vraiment un truc de malade. Bon, c’est petit d’attaquer sur le physique surtout avec ma tronche. Et si vous n’avez jamais enfermé vos camarades dans les toilettes, c’est que vous êtes quelqu’un de bien. En tout cas, je me pose en me disant, allez peut-être que cette fois-ci, la scientologue travestie en figure du girl power depuis The Handmaid’s Tale va enfin faire autre chose de son incroyable talent que de se soustraire au terrifiant carcan paternaliste que le monde nous offre.

Pour rappel, voici les rôles pour lesquelles la petite Lizzie a été primée à de nombreuses reprises.

Elisabeth Moss dans Mad Men : Peggy apparaît comme une petite secrétaire naïve et perdue dans la plupart des compartiments de sa vie. Et au fil du temps, elle montre à tous ses bonhommes qu’elle peut faire autant si pas mieux qu’eux. L’univers impitoyable de la publicité la sacre même en toute fin de série.

Elisabeth Moss dans la Servante Écarlate : June, Defred ou Dejoseph, comme vous le souhaitez, lutte face à une bande de timbrés qui, au nom de la religion, bafouent toutes les religions. Abusée et désabusée en tout début de série, elle va prendre le taureau par les cornes et se révéler un formidable adversaire au système établi par… des hommes.

Vous commencez à entrevoir quelque chose ? Devinez-quoi, dans Invisible Man, la bouse que j’ai reluquée cet après-midi : bis repetita. Son personnage Cécilia est sous le joug d’un vilain compagnon, méga riche et manipulateur narcissique. Du coup, elle va se rebeller, machin machin machin machin jusqu’à remporter la partie. Pour le folklore, le mec devient l’homme invisible pour mieux la harceler… d’où le titre. Oser se baser sur l’œuvre de H. G. Wells pour réaliser une chose pareille, c’est atroce ! Tout l’était. Et de voir Elisabeth Moss s’enfoncer dans un personnage finalement interchangeable par essence dans ses différentes apparitions devient quelque peu éreintant.

En conclusion, évitez ce film.

Par contre, dévorez l’intégrale de Mad Men car c’est tout de même là où l’on dispose de la plus belle évolution en termes de personnage pour notre Lizzie. Dommage que cela soit devenu un automatisme depuis. Et à toutes celles et ceux qui la prennent pour un fer de lance du féminisme… allez vous renseigner sur les préceptes de la Scientologie en ce qui concerne la place de la femme.

Bon étranglement !